Engagé Com’… Louis Dubouis

Louis Dubouis nous partage son expérience de responsable de la communication au sein d'associations de défense.
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C’est dans le cadre de mon engagement associatif chez les Jeunes IHEDN que j’ai eu l’opportunité de rencontrer Louis Dubouis, alors en charge de la communication au sein de la Fédération des associations de défense jeunes ATLAS. Qui dit Fédération dit efforts pour impulser une dynamique collective et promouvoir une ambition commune : diffuser l’Esprit de défense*. Ce fût là toute la mission de Louis que de valoriser les actions de la Fédération et de ses associations membres. En somme, un choix de conviction que de servir par la communication !

Ravie de vous partager cet entretien #EngagéCom avec Louis Dubouis !

#1 Louis, quel est ton parcours ? Comment es-tu tombé dans le bain de la communication ?

J’ai 25 ans et je suis actuellement collaborateur parlementaire auprès d’un député dont je gère principalement la communication. Tout a commencé par une rencontre : d’abord, celle d’une amie, Aurélie, qui venait de créer au sein de notre université l’association Paroles de Défense, et ensuite, avec un milieu, celui de la défense, dont j’étais plutôt éloigné n’ayant pas d’attaches particulières dans mon histoire personnelle. 

J’ai commencé par m’impliquer au sein de l’association en écrivant notamment des articles et c’est par ce prisme de l’écriture que je me suis progressivement intéressé à l’aspect plus général de la communication, jusqu’à vouloir en faire mon métier quelques années plus tard. 

#2 Quels ont été tes enjeux en tant que responsable de la communication d’associations ?

Communiquer sur les questions de défense est un exercice particulier et je pense que cette spécificité est exacerbée dans le cadre associatif, en l’occurrence étudiant.

S’agissant d’un domaine régalien, le monde de la défense véhicule un certain nombre de clichés et renvoie à des imaginaires qu’il est parfois difficile de dépasser. D’un côté, nous communiquons à l’adresse d’étudiants et de jeunes actifs dont tous n’ont pas forcément les codes de ce milieu (ce qui était mon cas par exemple), de l’autre, nous nous adressons à des représentants d’une institution fortement codifiée, animés par la singularité propre à leur mission. Il faut donc trouver les mots pour s’adresser à l’une et l’autre de ces cibles.

Chez Paroles de Défense, nous avions une gestion « RH » de maintien d’un effectif d’une cinquantaine de personnes au maximum dans le but de créer du lien et du sens collectif au quotidien. Notre communication externe était donc avant tout sur une posture institutionnelle pour mettre en valeur nos partenaires.

Pour ATLAS, l’enjeu est différent : il s’agit de rassembler non plus seulement des « membres » mais des associations aux origines diverses, disposant chacune d’une culture propre et ayant des enjeux spécifiques. Dans ce contexte, il faut donc réussir à créer un cadre d’expression dans lequel chacune des associations puisse se retrouver, à l’image des groupements professionnels d’entreprises, et tenter de porter une voix commune. Il s’agit d’un préalable à la construction d’une véritable culture commune.

#3 Quel est le rôle d’une fédération d’associations comme ATLAS ?

Je suis désormais en retrait d’ATLAS car mon activité professionnelle me laisse peu de disponibilité pour m’impliquer pleinement au sein de la Fédération. Toutefois, je peux dire que sa première année d’existence** a été particulièrement intense et stimulante car il s’agissait de créer un projet en partant de zéro. Aujourd’hui, la Fédération doit se stabiliser et poursuivre son ancrage dans l’écosystème de défense.

Toute l’ambition d’ATLAS se concrétise dans le triptyque « Fédérer, Agir, Promouvoir » qui correspond, à la fois aux missions de la Fédération, mais renvoie aussi aux valeurs que nous portons. 

« Fédérer » paraît évident s’agissant d’une Fédération. Mais pour qu’un collectif puisse prendre racine, il faut travailler le sentiment d’appartenance de ses membres et c’est un vrai défi à relever, pas une évidence.

« Agir » renvoie à une dimension essentielle : représenter les associations membres en tant que Fédération, c’est agir par définition. On ne peut pas se contenter d’exister. Cela demande donc une certaine détermination, de prendre des initiatives et de porter des projets ambitieux.

« Promouvoir » est la suite logique de ces deux premiers axes : une fois que le projet commun existe et que des actions sont menées pour l’alimenter, il est important de les faire connaître à l’attention de nos publics cibles. Si je ne suis pas partisan de l’idée selon laquelle « ce qui ne se sait pas n’existe pas », notamment parce que je crois en l’importance de l’action individuelle qui se mène parfois à l’ombre des projecteurs, je pense que faire connaître notre action est nécessaire pour avoir un impact à plus grande échelle.

#4 Quel état d’esprit doit avoir un communicant pour interagir de façon efficace avec l’ensemble des acteurs ?

Selon moi, l’essentiel est de travailler sa capacité d’écoute et son ouverture d’esprit. Cela vaut d’ailleurs aussi bien pour le communicant que pour le travail au sein d’une équipe de façon plus générale.

La curiosité est également importante et se cultive au quotidien, de même que l’intelligence de situation. En tant que responsable de la communication, il faut aussi être capable d’identifier les besoins de son interlocuteur et ses attentes, pour trouver la façon la plus adaptée de les mettre en récit.

Cette empathie est particulièrement importante pour moi parce que je considère qu’une bonne communication est avant tout celle avec laquelle la personne ou les membres de la structure que l’on accompagne seront à l’aise.

En résumé, chaque histoire mérite d’être écoutée et chaque histoire peut être racontée, au communicant de provoquer l’échange pour mieux partager les récits.

#5 Selon toi, l’influence d’une organisation passe-t-elle par l’engagement de ses membres ? 

Totalement.

Je nuancerais simplement en précisant qu’il est indispensable que cet engagement soit naturel et volontaire et non artificiel. 

Pour revenir à ATLAS en particulier, je pense que l’enjeu prioritaire n’est pas d’essayer de créer coûte que coûte une culture commune. S’agissant d’une agrégation de cultures associatives différentes, nous aurions beaucoup de mal à faire adhérer à cette culture artificielle. Celle-ci d’ailleurs serait mise à mal régulièrement du fait des renouvellements d’effectifs, notamment au sein des associations d’étudiants. Pour faire un parallèle avec le monde militaire, les coalitions se créent par une volonté politique de collaborer, mais elles deviennent réellement effectives par la coopération et l’exercice commun. 

La culture commune doit ainsi émerger d’elle-même grâce aux rencontres, aux échanges et aux projets partagés et non pas « s’imposer » de manière verticale.

L’objectif est donc de créer un cadre dans lequel ces rencontres et ces échanges peuvent avoir lieu et laisser se cristalliser d’eux-mêmes les points saillants d’une identité commune, pour ensuite les cultiver. L’engagement des membres dans cette construction est essentiel et permettra de faire grandir l’influence de notre Fédération.

#6 #BoîteàOutils du communicant : ton Top 3 des outils dont tu ne peux te passer !

Je suis un peu vieux jeu !

J’utilise assez peu d’outils en-dehors des plateformes via lesquelles nous communiquons (pour la Fédération, LinkedIn, Twitter, Facebook et Instagram). Cela s’explique certainement du fait que j’ai toujours été impliqué dans des structures relativement petites dont les moyens et besoins n’étaient pas très développés sur les aspects « outils de communication ».

1- Un Excel classique, bien travaillé, nourri par les outils de suivis des statistiques intégrés aux réseaux sociaux, peut suffire, dans bien des cas, à développer son action éditoriale, sans formation préalable.

2- J’ai quand même un coup de cœur pour Canva qui, je pense, a révolutionné le graphisme en donnant la possibilité de créer des visuels ou des projets au rendu (quasi !) professionnel et ce, pour un coût modique. Évidemment, cela  ne remplacera jamais les talents d’un graphiste professionnel mais cela permet aux petites structures aux moyens modestes de s’en sortir ! C’est un outil formidable et très complet.

3- De façon générale, je pense qu’il est important d’être « touche-à-tout » et de développer des compétences dans tous les aspects de la production de communication (écriture, graphisme, vidéo, photo…). Cela permet d’avoir une idée plus réaliste des livrables attendus, des délais de production et donc de se projeter de façon plus fiable dans les projets.

#7 Le mot de la fin : que dire à quelqu’un qui souhaiterait s’engager sur la voie de la communication ?

Je leur recommanderais de lire et d’écrire autant que possible pour trouver l’inspiration d’écrire de bonnes histoires qui elles-même commencent par de bons scénarios. A cela, j’ajouterais que l’échange permanent est bénéfique pour s’enrichir mutuellement des vécus et pratiques de chacun.

Peut-être une citation d’Anatole France pour conclure : « Les plus beaux mots du monde ne sont que des sons inutiles si on ne les comprend pas. ». 

Il y a une infinité d’histoires à raconter, à vous, aux communicants de les mettre en musique !

 

*S’il est difficile d’établir une définition précise de « l’Esprit de défense », nous pouvons nous accorder pour dire qu’il s’agit de contribuer à faire connaître notre outil de défense, ses acteurs, ses valeurs et ses missions. C’est aussi une prise de conscience des menaces qui peuvent peser sur notre pays et ses valeurs et la capacité des citoyens à y faire face. 

**Ndlr. : la Fédération ATLAS a été créée en juin 2021.

 

Avec le blog Engagés Com’, découvrez le parcours de communicants évoluant dans l’environnement de la défense et de la sécurité. Issus de l’administration, du monde associatif ou encore, du secteur privé, ces communicants, jeunes et plus expérimentés, ont en commun la passion de l’Engagement. Leur mission ? Valoriser les actions des autres, trouver les mots justes pour créer des émotions, parfois agir pour protéger l’image de leurs dirigeants et de leur organisation, tout en restant toujours à l’affût des conversations… Merci à eux d’avoir accepté de témoigner !

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